Quand est publiée la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ?
En 1791, un événement marquant s'est produit dans le paysage politique et social de la France. Olympe de Gouges, une figure emblématique du féminisme naissant, publie la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Ce document audacieux, composé d'un préambule, de 17 articles et d'un postambule, cherche à établir les droits des femmes sur un pied d'égalité avec ceux des hommes, à une époque où ces droits étaient largement ignorés.
Les racines journalistiques de la déclaration
Olympe de Gouges n'écrit pas cette Déclaration dans un vide. Elle est motivée par un profond désir d'exprimer la voix des femmes de son temps. Consciente que sa propre voix ne serait peut-être pas entendue, elle vise à créer un sentiment de sororité entre les femmes, rassemblant leurs préoccupations et leurs revendications sous un même drapeau. Ainsi, plutôt que de se limiter à être une voix singulière, elle souhaite représenter l’ensemble des femmes de son époque et leur offrir un espace où leurs droits peuvent être affirmés.
Une comparaison avec la déclaration de 1789
Il est important de noter que la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne n'est pas une première dans le paysage des droits civiques en France. En effet, deux ans plus tôt, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (DDHC) a été adoptée, le 26 août 1789. Tandis que la DDHC vise les droits de tous les êtres humains, la Déclaration de Gouges en fait spécifiquement la promotion pour les femmes. Cette distinction souligne une lacune importante : alors que les hommes étaient appelés à exercer leurs droits, les femmes restent largement en marge de cette révolution politique.
Comparaison des déclarations :
| Déclaration | Date | Public visé |
|---|---|---|
| Déclaration des droits de l'homme | 26 août 1789 | Tous les êtres humains |
| Déclaration des droits de la femme | 1791 | Femmes |
L’opposition et les conséquences
Le parcours d’Olympe de Gouges ne fut pas sans embûches. Sa voix, en faveur des droits des femmes, lui valut d’être dénoncée. Le 20 juillet 1793, alors qu'elle se préparait à distribuer un nouveau pamphlet, Les Trois Urnes ou le salut de la patrie par un voyageur aérien, elle fut arrêtée par les autorités. Ce moment souligne à quel point l’expression de ses idées progressistes était perçue comme une menace à l'époque, conduisant finalement à sa mise à mort en 1793. Son engagement ouvre cependant la voie à des réflexions plus profondes sur la place des femmes dans la société et inspire de futures générations de féministes.
L'héritage de la déclaration
Bien que la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne n'ait pas été acceptée à son époque, son impact perdure. La lutte engagée par Olympe de Gouges reste une référence essentielle dans la bataille pour l'égalité des sexes. Aujourd'hui, il est crucial de continuer à revendiquer les droits des femmes et à promouvoir leur autonomie et leur voix dans toutes les sphères de la société, comme le prônait Gouges. En mai 1948, la Déclaration universelle des droits de l'homme élargira les concepts de droits humains, mais Olympe de Gouges reste une pionnière du féminisme, dont les idées résonnent encore et inspirent des mouvements contemporains pour l'égalité et la justice.
Les penseurs de cette époque, connus sous le nom de Lumières, se posent la question : qui sont les lumières qui ont façonné notre pensée moderne ?